Le magazine parisien jeune Afrique (l’intelligent) a publié dans son numéro 2310 du 17 au 23 avril 2005, un reportage de 4 pages illustrés sur ce qu’il a appelé : le boom du Qatar. Le magazine a titré son reportage par l’expression :
LE PRINTEMPS DU QATAR.
Le journaliste Ziad Limam écrit notamment :
Très vite, Cheikh Hamad impose à la politique qatarie un virage à 180 degrés, le nouvel émir emprunte des sommes considérables sur les marchés internationaux des capitaux. Son objectif : faire décoller l’industrie gazière. Il ouvre le pays aux investisseurs internationaux, autre révolution, il lance Al-Jazira, la chaîne d’information en arabe, conçue à la fois comme un moyen de pression et comme l’instrument de la révolution culturelle qu’il appelle de ses vœux dans le monde arabe et au-delà.
En dix ans, l’émir Al Thani parvient, avec l’aide de Cheikha Mozha, sa très dynamique épouse, à transformer de fond en comble la petite principauté endormie par des investissements massifs dans l’industrie gazière, on l’a vu, mais aussi dans les infrastructures, les industries chimiques, l’éducation… Peu à peu, Cheikha Mozha, qui préside la Qatar Foundation, une institution disposant de moyens quasi illimités, s’impose comme une personnalité incontournable. Elle est notamment à l’origine de la création d’Education City, un campus privé où les plus grandes universités américaines s’installent, grâce à des subventions d’Etat. L’idée est de mettre en place, au coeur de la région du Golfe, un centre académique d’envergure internationale. Tout au long de la Highway qui longe les grilles d’Education City, on découvre aujourd’hui toute une série de noms prestigieux : Cornell University, Texas A & M, Virginia Commonwealth… les étudiants ne sont pas encore très nombreux, sensiblement moins en tout cas qu’à l’université publique (Qatar University), où ils sont près de vingt mille, mais ils arrivent peu à peu de tous les pays de la région.
Témoignage du formidable boom économique qatari : l’apparition du skyline de Doha, la capitale. Pour faire face à l’explosion de la demande en hôtels de luxe, appartements de standing et bureaux, de nouvelles tours sortent de terre presque tous les jours. Aujourd’hui, trouver une chambre à Doha relève du miracle. Ou du cauchemar : il faut généralement s’y prendre trois semaines à l’avance ! heureusement, un nouvel hôtel Four Seasons de cinquante étages vient de voir le jour, un Hilton est en cours de construction et le Ritz Carlton a ouvert il y a quelques mois. « Il nous faut édifier soixante tours en deux ans, ainsi qu’un nouvel aéroport du genre de Roissy-Charles-de-Gaulle, mais en plus grand et en plus moderne », commente, sans sourciller, un responsable. Sur les chantiers, on travaille presque sans discontinuer. Des bus chargent et déchargent en permanence des ouvriers indiens, pakistanais ou égyptiens. Le soir, les tours, achevées ou non, s’illuminent au-dessus de la jolie Croisette où Qataris et travailleurs étrangers viennent flâner en famille.